En 2008, l’agrile du frêne a été détecté pour la première fois au Québec, à Carignan, en Montérégie. Six ans plus tôt, l’insecte avait été repéré à Détroit et à Windsor. Dix-huit ans après la découverte de Carignan, les frênes morts font partie du paysage de nombreuses villes québécoises, et la question se pose pour chaque propriétaire d’un frêne en ville : traiter, abattre ou remplacer.

Un insecte qui tue un frêne en quelques années

L’agrile du frêne est un coléoptère vert émeraude métallique de 10 à 13 mm, originaire d’Asie. Selon la Ville de Carignan, ses larves creusent sous l’écorce, de juin à octobre, des galeries sinueuses en forme de S qui coupent la circulation de la sève. Un frêne infesté risque de mourir 5 à 7 ans plus tard, et plus vite s’il est déjà en mauvais état. À la sortie, l’adulte laisse dans l’écorce un trou en forme de D, le signe le plus fiable de sa présence.

Trou de sortie en forme de D laissé par l'agrile du frêne dans l'écorce d'un frêne
Le trou de sortie en D, d’environ 3 à 4 mm, est la marque de l’agrile du frêne. Photo : domaine public.

À Granby, la Ville avait recensé 2 313 frênes en 2016, dont 1 260 sur des terrains privés, selon le Granby Express. La municipalité traitait alors 183 frênes publics au TreeAzin tous les deux ans. Pour les propriétaires de la région, les arboriculteurs locaux comme ceux d’arboxygene.com, à Shefford, proposent un service dédié aux frênes morts et à l’évaluation des arbres atteints.

Son nom scientifique est Agrilus planipennis, un coléoptère de la famille des buprestidés. Il s’attaque aux frênes du genre Fraxinus, et les quatre principales espèces de frêne de l’est de l’Amérique du Nord (frêne blanc, frêne vert, frêne noir et frêne bleu) sont toutes à risque, selon Carignan. L’insecte a peu d’ennemis naturels sur le continent, ce qui explique la vitesse de l’infestation dans les villes et les forêts du Canada. Un adulte peut parcourir 10 à 12 km par lui-même, mais le transport de bois infesté par l’humain a créé la plupart des nouveaux foyers.

Traiter un frêne d’agrément

Le TreeAzin est un biopesticide à base d’extrait de neem, injecté dans le tronc par une entreprise spécialisée et certifiée. La Ville de Québec précise que le traitement s’effectue du début juin à la fin août et qu’il prolonge la vie d’un frêne qui est en bonne condition au début du traitement. Un frêne qui a déjà perdu une bonne partie de sa cime n’est plus un bon candidat. Le traitement se répète tous les deux ans, ce qui en fait une dépense récurrente à comparer avec le coût d’un abattage et d’une nouvelle plantation.

Abattre et gérer le bois

Un frêne mort devient cassant et dangereux, surtout près d’une maison ou d’une rue. Son abattage suit les règles municipales habituelles, et le bois suit celles de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). Les billes, les branches, les copeaux et le bois de chauffage de frêne ne doivent pas quitter une zone réglementée sans autorisation. L’ACIA interdit aussi de déplacer le bois de chauffage de toutes les essences hors de ces zones, y compris vers un chalet ou un camping. Carignan indique que le transport des résidus de frêne n’y est autorisé que pendant l’hibernation de l’insecte, du 1er octobre au 15 mars.

Replanter autre chose

Le frêne a été planté en masse dans les rues québécoises parce qu’il pousse vite en milieu urbain. Sa disparition a privé plusieurs rues de leur ombre. Pour un petit terrain urbain, le remplacement se fait avec une essence adaptée à l’espace disponible : un micocoulier, un févier, un tilleul ou un érable de taille moyenne, en variant les essences d’une maison à l’autre. La diversité des essences limite l’effet d’un futur ravageur sur une rue ou un jardin. Un frêne de la cour qui montre des trous en D, une cime clairsemée ou des pousses sur le tronc mérite une inspection avant l’été, pendant qu’un traitement est encore possible.

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